L’histoire du éco-hameau

Aux origines

Le village de Bourrou trouve ses origines dans le site gallo-romain de Burrus. La grande église, rénovée depuis, témoigne de la richesse de cette campagne périgourdine qui comptait plus de 300 foyers durant le Moyen-Âge.
En 1850, Jean-Julien de Cosson donne une maison aux Sœurs de la Charité pour y créer « une maison de miséricorde ou de charité pour le soulagement des pauvres et malades ». Le 21 août, ce sont 25 religieuses qui s’installent. Les Sœurs de la rue du Bac y sont présentes jusqu’en 1929.
On recueille ensuite le témoignage de plusieurs réfugiés espagnols qui s’y installent à la fin des années 30. Pendant la guerre, ce sont aussi bon nombre de familles alsaciennes qui viennent en Périgord.

L’envolée

Le 27 juillet 1957, Monseigneur Georges Louis, évêque de Périgueux, autorise Mère Marie-Pauline, oblate bénédictine, à tenter la fondation d’une œuvre religieuse et sociale.
Le 4 juillet 1958, voit le début de l’œuvre du Foyer de Bourrou, qui prend le nom de Foyer Notre-Dame des Pauvres, et qui accueille rapidement quelques orphelins. Les vocations arrivent petit à petit, les enfants aussi, et au plus fort de la vie du Foyer, ce sont plus de 120 enfants qui vivent entre ces murs, progressivement agrandis par la supérieure et complétés par une ferme et une école dans un bâtiment voisin. Malgré les difficultés et la pauvreté réelle, les témoignages racontent la joie des enfants, les spectacles de fin d’année, les fêtes dansantes et traditionnelles avec les Abeilles bergeracoises… Les robes retrouvées dans la maison témoignent des nombreux baptêmes et des professions de Foi. On parle aussi de la bienveillance de la Mère supérieure, et l’accueil sans faille de tous ceux qui réclament l’hospitalité.
Le 24 juillet 1965, c’est encore Monseigneur Louis qui reconnaît la communauté en pieuse union : « Les oblates de Bourrou cherchent l’union à Dieu par la prière et l’apostolat au service des plus déshérités. Leur prière s’inspire de la spiritualité bénédictine : chaque jour, elles récitent ou chantent Laudes, Prime, Vêpres et Complies selon le bréviaire OSB, et chantent la grand’messe. Leur apostolat consiste à recevoir des enfants dès le berceau, à accueillir, avec leurs enfants, des mères en difficultés, ou momentanément, toutes personnes ayant besoin d’être dépannée, et à assurer l’éducation des enfants. Elles ont également une maison pour personnes âgées. »

Les difficultés

Entre 1980 et 1984, l’agrandissement du bâtiment par la construction d’une troisième aile restée inachevée révèle l’optimisme d’alors. Mais Mère Marie-Pauline est malade et n’a plus la même énergie. Le 8 décembre 1988, jour de la fête de l’Immaculée Conception, après tant d’années de dévouement, elle rejoint son Époux divin. « Elle voulait unir dans un même mouvement d’Amour celui de Dieu et celui de ses petits frères dans ce foyer Notre-Dame des Pauvres à Bourrou » dit l’image souvenir. Aujourd’hui encore, quelques anciens viennent se recueillir auprès d’elle au cimetière de Bourrou.
Le vieillissement des religieuses, privées du zèle de leur fondatrice, les oblige bientôt à adapter leur apostolat. Elles ne peuvent plus accueillir d’enfants, mais convertissent la maison en pension de personnes âgées jusqu’en 2013.

Un temps de sommeil…

À partir de cette date, le bâtiment semble abandonné, mais c’est avec beaucoup de vaillance et de zèle que les membres de l’association maintiennent le bâtiment en état et cherchent un repreneur qui conserve la vocation initiale du don de Jean-Julien de Cosson.
Après quelques mois d’échanges et de visites, c’est le 7 mars 2020 que la Compagnie de la Sainte-Croix reprend l’association créée en 1958 pour poursuivre l’œuvre de cette maison atypique avec un projet scolaire et social. L’inspiration fondamentale s’ancre dans la pensée du Père Jacques Sevin, qui s’est illustré dans le développement du scoutisme catholique, qu’il a su adapter aux plus démunis, aux handicapés et au milieu scolaire.
Ce sont aujourd’hui près de 3 000 m2 de bâtiments et 13 ha de terrains qui ne demandent qu’à renaître…

Foyer Notre-Dame Des Pauvres